Un des premiers sites démarré par un élève de l’Ecovillage Madagascar

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Christian FILIBERTO s’est lancé dans l’aventure et nous a communiqué son parcours :

Préambule

Quand je suis arrivé à Madagascar, j’ai passé trois semaines dans le Sud à Tuléar puis trois mois dans une famille dont le père est militaire.

Dans ce logement de fonction, il y a l’eau au robinet, douche et toilettes à l’intérieur et l’électricité.

Puis, en quête d’indépendance et d’autonomie, mon épouse et moi, avons déménagé 2 fois en 9 mois

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pour nous poser à Andavadompy, chercher et enfin trouver un terrain de 80 ares à Fiakarana qui deviendra le lieu du projet MADA GASY BIO et j’espère que d’autres lieux suivront.

Je découvre ce que mes parents et grands-parents ont connu et ce que vit au quotidien la grande majorité des malgaches, c’est-à-dire puiser l’eau au puits, avoir la douche et les toilettes à l’extérieur, s’éclairer à la bougie ou à la lampe à pétrole et préparer les repas sur le réchaud à charbon de bois.

 

Une « vie spartiate » pourrait dire certaine personne.

 

Mais je m’habitue à cette simplicité et authenticité.

Chapitre 1

Le terrain se trouve à 45 minutes à pieds du lieu d’habitation. Je m’y rends 5 à 6 fois par semaine avec 1 ou 2 manœuvres qui m’aident beaucoup.

C’est un havre de paix où cohabitent le calme, la tranquillité et la beauté de la Nature. J’y puise la sérénité.

Le 1er coup de pioche a été donné le 8 février 2015.

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Dans un premier temps, nous, avec Claude et Dolin, avons creusé 2 tranchées de 38,60 m et 44,50 m, largeur de 0,50 m et hauteur de 0,80 m et 1 m. Ces tranchées parallèles à la pente retiendront l’eau pendant la saison des pluies (d’octobre à mars). Cette eau s’infiltrant petit à petit dans le sol, alimentera la source au-dessus de laquelle sera creusé le puits.

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Christian FILIBERTO

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Le 25/02 une forte pluie a rempli la 1ère tranchée qui s’est déversée dans la 2ème. L’eau s’est infiltrée dans le sol jusqu’au 27.

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Sur les buttes de terre d’extraction, j’ai semé des haricots et des pois et replanté des consoudes. Ils retiennent l’azote de l’air et le stockent dans le sol. Ces oléagineux permettront la plantation des fruitiers qui puiseront l’azote du sol.

 

Ces graines ont été semées avec un apport de crottin de bœufs, ramassé dans les champs, puis paillées à la saison sèche (avril à septembre) pour préserver l’humidité des arrosages hebdomadaires.

 

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Chapitre 2

Dans le projet MADA GASY BIO est inscrit l’élevage. Un des premiers sera celui des canards et des oies. Ces palmipèdes ont besoin de s’ébrouer.

La mare aux canards fait 7m de diamètre et une profondeur de 0,70 à 1,50m, avec en son centre un îlet de 2m de diamètre où les canards pourront plonger, se reposer et se faire sécher au soleil. Nous l’avons creusé en 3 jours.

 

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Chapitre 3

Pour alimenter en eau cette mare, j’ai fait creuser une tranchée qui descend en biais sur la pente du terrain. Elle fait 15 m de long, 0,50 m de large et 0,80 m de profondeur.

 

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Chapitre 4

Les semis et plantations se font en suivant le calendrier lunaire qui a fait ses preuves autant dans l’hémisphère Nord que Sud.

En lune montante, je sème, greffe, je récolte les fruits, les légumes fruits et les légumes feuilles.

En lune descendante, je tonds, plante, bouture, je récolte les légumes à racines, je travaille la terre, je taille les arbres et les plantes.

Je suis aussi les jours favorables aux racines (ail, betterave, carotte, céleri rave, échalote, endive, navet, oignon, pomme de terre, radis, salsifis, manioc, tarot, patate douce, igname…) ;

 

 

favorables aux fruits et graines (noisette, châtaigne, tomate, pois, aubergine, concombre, courge, fève, fraise, framboise, haricot, melon, piment, potimarron, courgette, arbres fruitiers…) ; favorables aux fleurs (artichaut, brocoli, chou-fleur, fleurs, arbres, arbustes, buissons, aromatiques à fleurs…) ; favorables aux feuilles (gazon, arbustes, haies sans fleur, persil, salade, choux, céleri branche, épinard, oseille, aromatiques à feuillage…).

Dans ce calendrier, pendant l’apogée ; le périgée et les nœuds lunaires, il est conseillé de ne pas jardiner. C’est le repos du jardinier.

 

 

Calendrier lunaire du mois de juin 2015

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Chapitre 5

Les « vazah » (étrangers) ou les malgaches de la classe moyenne ou supérieure délimitent leur propriété par des murs en briques, recouverts ou pas par du mortier. Je trouve que ces clôtures sont inesthétiques et gâchent la beauté des paysages de la campagne.

En conséquence, j’ai décidé de faire une haie vive autour du terrain. Cette clôture naturelle sera composée d’épineux et d’acacia. C’est par section de 15 à 30 m de long, 0,40 de large et 0,40 m de profondeur que Stéphane et moi avons prolongé chaque jour sur les ¾ du périmètre du terrain.

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La saison sèche rend la terre très dure ce qui ralentit la progression du creusement des tranchées.

Le 19 juin 2015, j’ai planté 344 boutures d’épineux (lune descendante et jour feuille) en épandant des sabots de bœufs concassés au fond de la tranchée, puis une couche de paille, une de terre, du crottin de bœuf, de la terre, de la paille et de nouveau du crottin à la fin de la plantation. Les boutures sont espacées de 15 cm.

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Chapitre 6

Avant de commencer les travaux de construction, le plus important est l’eau.

La veille du début des travaux, le puisatier est venu repérer l’emplacement du puits. Il nous a assuré qu’une source souterraine permettra d’avoir de l’eau jusqu’au cou durant toute l’année.

Le 1er jour, en notre présence, il a présenté son travail aux ancêtres disparus et versé un peu de rhum à l’emplacement du futur puits. Il a bu le reste avec son manœuvre.

En trois jours, le puits était creusé. 600 briques cuites « vila » ont été posées au fond et scellées sur la partie supérieure avec de la terre mélangée à de l’eau, en guise de mortier, comme c’est la tradition ici pour la construction des murs et des bâtiments. Un enduit au mortier a été fait sur la partie émergente du puits et une trappe a été installée et cadenassée.

 

 

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Puis Stéphane et moi avons fait la finition en plaçant 500 briques qui joignent la partie du bas à celle du haut.

Ensuite, nous l’avons vidé, curé et déposé une couche de charbon de bois, une de gravillon et enfin, une de sable pour filtrer l’eau afin de pouvoir la boire. Le puits a 6m de profondeur et 1 m de diamètre.

La prochaine étape sera la construction d’une case autour du puits.
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Travail de finition avec la pose de 500 briques pour joindre la partie basse à celle du haut

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Enfin, la sortie à l’air libre !

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Depuis que je pratique l’agriculture bio, je mélange avec le crottin et le compost de la corne (corne et ongle de bovidé, ovidé).

Elle nourrit la terre pendant 30 ans.

Renseignements pris, j’ai trouvé sur le marché des sabots de bœufs.

Après avoir été exposés au soleil pendant deux jours pour les sécher, ils sont concassés en petits morceaux.

On ne trouve pas de cornes sur le marché car elles sont utilisées pour l’art malgache qui les transforme en bijoux ou en objets de décoration.

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Le ciseau à bois et le marteau sont les outils pour réduire en morceau les sabots très durs

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  1. Mahery

    BRAVO et merci de partager cela en détails.
    Nous espérons que le projet suivra son cours et avec un peu de chances, peut-être pourrons-nous bientôt vous rendre visite dans le cadre de nos activités.

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