Mes motivations

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Arrivé à la retraite, libéré de l’emprise du travail, mes motivations ont changé. j’ai découvert qu’il y avait une vie locale vraiment active.
Dans le milieu associatif j’ai rencontré des gens qui voulaient faire bouger les choses.
La vie est faite de rencontres qui peuvent vous transformer si vous êtes attentifs.

Je suis allé voir le film de Pierre Rabhi « au nom de la terre »
Ce petit bonhomme (un grand homme) a transformé ma vision de l’action.
Très pessimiste, j’étais persuadé qu’on ne pouvait rien changer au Système.
Convaincu que le rapport de force entre les sociétés opprimées et les multinationales qui ont acheté le monde était irréversible.
Mais j’ai compris qu’il n’est pas possible d’aller contre le bon sens s’il est bien partagé. J’ai compris que ce petit pour-cent de l’humanité, qui règnent sur le monde et qui le détruit tout sans vergogne, trouve en face de lui des milliards d’individus qui sont de plus en plus informés et conscients.
J’ai compris, qu’on peut faire à côté de ce système. Faire sa part de Colibri comme dit Pierre Rabhi
J’ai compris qu’avec l’internet, les gens se parlent, les idées fusent.
On peut sortir de cet état fragmenté dans lequel le Système nous a conditionnés afin de gouverner.
J’ai réalisé que les petits avantages qui sont distribuées aux uns et aux autres ne sont donnés que pour les diviser et les avilir.
La France est faite de niches corporatistes dans laquelle chacun défend ses acquis au détriment de l’intérêt général.
Les miettes distribuées ne sont que des oboles jetées à des esclaves au service du Système. Le même Système existe dans le monde du travail, dans l’Administration, dans le monde politique et dans tous les pays.
Nous sommes tous des pions.
Ce système est enseigné à l’école dès la plus tendre enfance, on nous demande d’être les meilleurs. La ségrégation commence là. Il y a beaucoup d’exclus qui seront plus exploités que les autres. Les élites qui sortent des grandes écoles sont formatées comme les autres. Grisés par un certains pouvoir, ils gèrent les intérêts de l’argent. Ils reçoivent une petite part du gâteau mais sont encore plus tributaires du Système. Tout écart leur est fatal qu’ils soient chefs d’entreprises, hauts fonctionnaires ou hommes politiques. Ce sont aussi des pions au service de l’argent.
Nous devons rétablir les vraies richesses de l’homme qui sont : l’humanité, le respect, la dignité, la solidarité, la confiance, le savoir vivre et faire ensemble, l’amour …
Mais nous avons aussi de grands réalisateurs, et de grandes chaînes : ARTE, la cinq, la chaine parlementaire, France Culture, Mediapart, etc. qui nous informent.
Il y a beaucoup d’associations qui informent, s’indignent et lancent des pétitions comme Avaaz.org, change.org,
Les sujets importants sont abordés sur la destruction de la nature, de la santé, de la liberté, etc.
La plupart des grands média cherchent l’Audimat et nous bassinent d’informations à sensations vides de sens.
Nous avons encore le droit de nous exprimer. Nous avons aussi le devoir de diffuser ce que nous comprenons.
Nous devons réagir vite pour que notre génération ne soit pas la dernière sur cette terre.
Pour cela, il suffit de communiquer les vraies valeurs, de partager, de tisser du lien.
Une deuxième rencontre a fait basculer ma vie. J’ai découvert Michelle et son incroyable optimisme, sa bienveillance et son amour pour la vie. Elle a apporté ce projet magnifique de l’Ecovillage Madagascar qui me permet de mettre en pratique tous mes fantasmes.
Il est facile d’agir dans ce pays certes pillé et exploité plus que d’autres. Mais il n’est pas détruit et les gens sont si courageux. Le niveau de vie est tombé si bas qu’un euros investi là-bas équivaut à deux cent ici.
Avec deux euros par jour, un Malgache fait vivre dix personnes. Un arbre planté là-bas pousse bien plus vite qu’ici.
La terre n’est pas encore détruite par la chimie comme ici.
Un petit investissement sur l’avenir (qui ne peut pas être réalisé par des personnes en situation de survie), l’apport de technique comme la permacultures qui n’est qu’une remise à jour des techniques ancestrales oubliées, sont les meilleurs atouts pour luter contre la pauvreté.
Le retour à la terre et à l’autosuffisance alimentaire sont des solutions pour aller à l’encontre de notre Système
Je crois aussi à l’effet papillon : tout action réalisée là-bas a des répercutions ici.
Quand notre Système s’effondrera (ce qui peut arriver très vite), il nous faudra d’autres références et tous ces pays qui ont su vivre dans la sobriété seront la référence.
Chaque jour qui passe est une nouvelle rencontre, la découverte de ces gens du monde entier qui agissent pour la même cause :
Sauver la planète de l’avidité humaine.
Guy LORTHIOIS

Pourquoi ai-je créé l’association « LES AMIS D’ÉCOVILLAGE MADAGASCAR » ?

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J’ai mal de voir mon pays et mon peuple dans l’état où il est aujourd’hui. Je ne reconnais pas le pays dans lequel j’ai grandi. Cela fait une cinquantaine d’années que la situation globale de Madagascar empire d’année en année. Tous ceux qui ont l’intérêt de ce pays à cœur reconnaissent leur impuissance.

Comme dans tous les pays, il y a toujours eu des pauvres à Madagascar. Mais la pauvreté n’est pas la misère. Manger par terre, ne pas avoir d’eau courante ni électricité, vivre dans une maison en torchis ou en feuilles tressées, marcher pieds nus, n’avoir que le strict nécessaire ne sont pas la misère.

La vrai misère est celle d’avoir perdu son âme, d’avoir perdu ses valeurs ancestrales et d’être ballotté par des événements dont vous n’êtes pas maître et dont vous ne savez pas comment sortir.

Mes plus beaux souvenirs d’enfance me ramènent dans la campagne malgache où je passais toutes mes vacances chez ma grand-mère. La vie y était simple et frugale mais ma grand-mère possédait de grandes richesses. Elle connaissaient et cueillait les plantes pour soulager et guérir. Elle savait exactement quand et où planter ses graines pour avoir un jardin magnifique dont nous nous régalions. Elle savait vivre avec ce que la nature lui offrait et elle savait le partager avec les autres. Elle aidait les femmes accoucher et conseillait les mamans après avoir elle-même élevé seule 9 enfants suite au décès précoce de son mari. Dans ma famille, nous en parlons toujours avec grand respect et reconnaissance.

Aujourd’hui nous sommes témoins d’une pauvreté qui réduit les gens à l’esclavage. Toute une classe de la société malgache souffre de la faim et n’a accès ni à un logement décent ni aux soins rudimentaires surtout dans les grandes villes où les gens viennent s’entasser dans les bidons-villes. Le plus douloureux est de voir l’énergie du désespoir que déploient ces gens pour vivre d’expédients en sachant très bien que quoi qu’ils fassent ils ne s’en sortent pas.

Nous sommes également témoin d’un écart de plus en plus important entre les plus riches et les plus pauvres. La classe moyenne dont ma famille faisait partie a pratiquement disparu. Actuellement, d’un côté les uns se barricadent dans des propriétés sécurisées et de l’autre les enfants jouent dans les égouts et ramassent de quoi manger sur les décharges. Ces différences engendrent la convoitise, la violence et une méfiance réciproque chez un peuple de nature très pacifique.

Vivant à l’étranger, je suis également révoltée par les caricatures faciles que l’on entend sur la situation dans ces pays dits « en voie de développement » : ces gens là ne se bougent pas trop…. ils ne font rien pour s’en sortir….. si ils en sont là, ils y sont quand même pour quelque chose… ils n’ont qu’à faire moins d’enfants…..

Je me suis longtemps demandée comment nous en sommes arrivés là.

Ce n’est que récemment que je comprends à travers mes lectures et sources d’information que :
la pauvreté et la faim dans le monde sont orchestrées de façon globale par la spéculation sur les denrées alimentaires
les pays pauvres s’acquittent depuis des années d’une dette indue envers les pays riches et sont poussés à s’endetter encore plus pour survivre via des organismes tels le FMI et la Banque Mondiale
les dirigeants des pays pauvres doivent se plier à des injonctions extérieures et n’ont pas pouvoir de décision pour les questions les plus importantes. Quelques dirigeants courageux et honnêtes qui ont voulu changer les choses ne sont pas restés longtemps au pouvoir, plusieurs y ont laissé leur vie
l’agriculture traditionnelle des pays pauvres a été détruite afin d’introduire les monocultures destinées aux exportations peu rentables vers les pays riches
les richesses minières et naturelles des pays pauvres sont pillées par des multinationales puissantes et incontrôlées
les pays pauvres servent de dumping aux surplus agricoles subventionnés venant des pays riches et sont un marché juteux pour les biens de consommation de mauvaise qualité dont les autres ne veulent pas
les savoir-faire et savoir-être ancestraux sont balayés par une sous-culture venue d’ailleurs sous forme de films et de vidéos très facilement disponibles et qui abreuvent des milliers de jeunes sans repères…….

De nature optimiste je veux pourtant regarder ce qui fait encore la force de mon pays. J’ai confiance dans ce peuple et dans la nature généreuse qui recouvre notre île. J’essaie de m’informer sur les causes du désastre qui nous frappe et j’ai le devoir d’informer les autres sur ce que je comprends. Je souhaite relayer et soutenir tout ce qui peut redonner espoir et rendre la dignité à quelques uns. Je suis convaincue que les bases de reconstruction doivent venir des Malgaches eux-mêmes et d’une prise de conscience générale. De plus en plus de personnes se rendent compte que notre monde tel qu’il est aujourd’hui n’est plus viable. Des voix s’élèvent pour dénoncer et surtout des énergies s’unissent pour faire autrement dans plusieurs pays. Je suis convaincue que nous pouvons faire ensemble à notre échelle et selon nos moyens, en changeant d’abord nos pensées et notre façon d’être afin que ce changement gagne nos peuples et nos pays respectifs.
Ce changement est possible…. il a commencé dans nos cœurs…….

Michelle Champion