Visite des Sites Ecovillage Madagascar mai 2017

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Suite à la visite que nous avons faite de tous les sites et aux rencontres avec les différents membres d’Ecovillage Madagascar, nous vous faisons part de nos constatations et de nos projets pour 2017.

SÉCHERESSE EXCEPTIONNELLE DÉBUT 2017

Cette année, tout le pays a subi de plein fouet les conséquences du changement climatique. La saison des pluies qui s’étale normalement de novembre à avril, n’a commencé qu’au mois de février.

Des hectares de riz n’ont pas pu être plantés à temps. Cela présage une année de pénurie et de hausse des prix que la population déjà précaire subira très durement.

Toutes les cultures ont souffert et nous en voyons les traces sur tous les sites du réseau Ecovillage Madagascar.

 

Cela nous amène à nous interroger sur la gestion de l’eau dans les différents sites. Nous constatons le manque de canaux et de bassins de rétention comme le préconise la permaculture.

D’autre part, les arbres plantés qui devraient retenir les eaux de ruissellement sont encore très jeunes. Certains n’ont pas résisté à la sécheresse.

Il est à noter également qu’à Madagascar il est difficile de trouver assez de paillage pour couvrir les cultures. Les buttes en général sont peu protégées contre la sécheresse.

PERMACULTURE : UNE SOLUTION A LONG TERME

Suite à nos visites et à nos échanges avec les acteurs locaux, nous constatons que la permaculture est une solution à long terme.

 

Il faut du temps pour que les éléments permacoles mis en place agissent :

– pousse des arbres

– alimentation de la nappe phréatique

– reconstitution du sol….

Les acteurs sur les différents sites ne peuvent pas se permettre d’attendre ce lent travail de la nature. Il faut vivre et nourrir la famille. Ils se concentrent d’abord sur des potagers en butte qui peuvent fournir quelques légumes mais ils sont tributaires des aléas climatiques et du manque d’eau.

 

 

 

VISITE DES DIFFÉRENTS SITES

 

Betsizaraina

Annie et la famille de Naivo ont implanté des buttes disséminées dans le bois en contrebas des habitations.

Ces buttes ne profitent pas beaucoup du soleil et le terrain est très pentu. Pour le moment le résultat est faible.

De plus Annie n’ose pas se servir des aiguilles de pins en abondance pour pailler ses buttes. Nous lui avons parlé de l’expérience de Philip Forrer qui les utilise.

Par contre, autour des habitations la production de légumes est encourageante car Annie a investi dans une pompe à eau qui alimente la maison et le jardin.

visite du site Betsizaraina
jardin potager

 

visite du site Betsizaraina
fiers de leurs légumes

Permacantine à Betsizaraina

L’école primaire publique de Betsizaraina accueille beaucoup d’enfants défavorisés. Certains font jusqu’à 6 kilomètres à pieds pour venir à l’école. Beaucoup ne mangent pas à leur faim.

Annie a décidé d’aider à implanter une « permacantine » à l’école. C’est un projet de potager en permaculture autour de l’école pour fournir la cantine en légumes. Les techniciens d’Ecovillage Madagascar encadrent le projet. Les parents se relayent pour la mise en place du potager et pour les travaux les plus physiques. Les enfants arrosent et surveillent le jardin. Les Amis d’Ecovillage Madagascar vont financer ce projet :

– salaires des techniciens

– achat d’accessoires et graines pour le jardin

– achat d’accessoires pour la cuisine et la cantine

Nous avons rencontré les institutrices, les parents d’élèves et les enfants. Tous sont enthousiastes et nous espérons vraiment que cela débouchera sur l’installation pérenne d’une cantine dans cette école. Les institutrices ont souligné combien les résultats scolaires sont affectés par la malnutrition des enfants.

Soamahary

La sécheresse s’est fait durement sentir sur ce site. Judi se rend compte que le système de goutte à goutte qu’il avait installé n’a pas été efficace. Ce système exige un approvisionnement régulier en eau, ce qui n’a pas été le cas.

Pendant les mois de sécheresse Judi et Hanitra ont implanté des buttes de permaculture tout autour de leur habitation et cela leur a permis d’avoir assez de légumes pour la famille pendant plusieurs mois. Grâce à la solidarité familiale ils ont pu avoir également du riz.

visite du site Soamahary
vue d’ensemble du site

Judi nous a confié comment, lui qui voulait toujours partager l’abondance avec les autres, s’est senti soudain égoïste et révolté de ne pas pouvoir subvenir correctement aux besoins de sa propre famille : une prise de conscience qui secoue.

Pendant que nous étions là-bas, Judi et Hanitra ont eu un petit garçon qu’ils ont appelé Manohy, qui veut dire « nous persévérerons ». Nous admirons leur courage. La vie n’est pas facile pour tous ces jeunes qui veulent s’en sortir honnêtement.

 

 

Malaza

Christian est apiculteur. Il a déjà plusieurs arbres fruitiers sur son site et a commencé des buttes pour y planter des légumes.

La famille de paysans qui travaille avec Christian est déjà autosuffisante. Ils cultivent selon les méthodes traditionnelles malgaches et s’intéressent à la permaculture. Leur site n’a pas trop souffert du manque d’eau. Après la récolte de leur riz ils font de la pisciculture et élèvent des canards et des oies sur les rizières encore inondées. Ils ont également deux vaches, un cochon et quelques poules autour de la maison. Ils semblent gérer le tout avec beaucoup de bon sens.

visite du site Malaza
pisciculture et oies

 

Nomena

Lors de notre dernier voyage, nous avions participé à la récolte et la distillation de l’huile essentielle de Ravintsara produite par le site Nomena. Lova, propriétaire de ce site est spécialisé dans les huiles essentielles. Son site est planté principalement d’essences endémiques bio qui sont distillées sur place dans un alambique construit par Lova. Comme beaucoup dans le réseau EVM, Lova souhaite accueillir des stagiaires pour des formations aux huiles essentielles et à la permaculture. Son lieu vétuste nécessite beaucoup de travaux.

Visite du site Nomena
Les environs de Nomena

Tananaravo

Paolo est un artiste. Son rêve est de combiner la permaculture et l’art. Le potager est cultivé par des paysans musiciens. Paolo pratique également l’art de la récup qui permet de créer des objets artisanaux. Ils réparent aussi de vieux instruments de musique tandis que sa compagne s’initie au tissage ancestral. C’est un site très créatif où il fait bon vivre qu’il a baptisé « village joie » . Là aussi se pose le problème de l’eau. Un voisin a creusé un puits très profond qui affecte les ressources du site. De plus, les habitations sont construites en hauteur loin de la source et l’énergie solaire ne permet pas d’alimenter une pompe appropriée. Paolo a notamment installé des toilettes sèches avec cabine déplaçable. Une solution intéressante qui pourrait réduire le problème de vidage.

visite du site Tananaravo
Artisanat au village joie

 

Ambohimanga

C’est le site familial de Andry (qui est à l’initiative d’EVM). Un marché paysan pour vendre des légumes bio vient d’être installé le long de la nationale 3 mais il ne remplit pas encore vraiment son potentiel. Le site subit un manque d’eau chronique et la sécheresse n’a rien arrangé. La pépinière a pourtant déjà fournit les autres sites en divers plants d’arbres notamment endémiques. Andry souhaite également installer un cyber lieu pour permettre aux jeunes des alentours de s’ouvrir notamment à la permaculture et à d’autres sujets de transition.

visite de Ambohimanga
le marché bio d’Ambohimanga

 

Talata (site initial d’EVM)

Le litige concernant le terrain de ce site est toujours en cours. On ne sait pas jusqu’à quand.
Un peu isolés, Célestin et sa famille retournent plus ou moins à l’agriculture traditionnelle. C’est une solution de facilité et toute la famille en vit.

Géographiquement, Talata serait pourtant idéal pour l’implantation d’un vrai site de permaculture avec quelques familles qui en vivraient.

Plusieurs des jeunes techniciens avec qui nous avons échangé rêvent de s’y installer mais les difficultés administratives freinent tout le monde.

Judi et Hanitra, Dola et Aina, probablement Fanilo et sa famille seraient des candidats potentiels pour habiter le site.

Les trois jeunes couples ont vraiment le profil des néo-ruraux actuels qui retournent à la terre : un bon niveau d’instruction, curieux, motivés et prêts à faire des expériences innovantes.

Ils auraient bien sûr besoin d’un coup de pouce financier pour commencer avant d’atteindre l’autosuffisance.

Si le site de Talata remplit vraiment son potentiel ce serait un véritable écovillage en permacuture. Les formations pourraient s’y tenir.

Ecovillage Madagascar a besoin d’une vitrine pérenne pour asseoir sa crédibilité et convaincre le paysan malgache qui, comme tous les paysans, ne change pas facilement ses habitudes.

 

PARTENARIAT AVEC « ECHANGES NON MARCHANDS »

Nicolas Sersiron, auteur du livre « Dette et extractivisme » qui décrit bien la situation économique des pays du sud est également à l’origine de l’association « Échanges non marchands ». Son association soutien un site en permaculture à Befotaka Nord au nord ouest de Madagascar. Nicolas a visité les sites d’EVM avec nous. Dola, un des techniciens d’EVM passera quelques mois à Befotaka pour accompagner le projet permaculture du site.

Lors de son passage, Nicolas a notamment donné deux conférences sur la dette et l’extractivisme à l’Université et à l’Institut d’Etudes Politiques de Tananarive.

De tels sujets sont rarement abordés à Mada. Le public étudiant à réagi avec beaucoup d’intérêt.

 

 

PROJETS DES AMIS D’ECOVILLAGE MADAGASCAR EN 2017

Les voyages à Mada sont toujours porteurs d’espoir lorsqu’on voit tout le potentiel qui existe et en même temps décourageants face aux difficultés et à l’ampleur de la tâche.

Cette année, nous allons soutenir le projet de permacantine à Betsizaraina. Les enfants comptent sur nous. Leur cantine doit commencer à fonctionner à partir de la rentrée prochaine. Nous ne pouvons pas rater ce rendez-vous.

Ce projet a plusieurs avantages :

– à Betsizaraina, il permettra aux parents de s’initier à la permaculture et de collaborer dans un projet collectif en faveur des enfants. Ces derniers initiés à ces méthodes très tôt motiveront leurs parents.

– chez nous, ce projet présenté aux écoles ouvrira les élèves à un monde différent et les interrogera sur les questions essentielles de la vie tout en leur faisant découvrir la permaculture.

Pour appuyer ce projet nous essayons d’être plus visibles sur l’Agglomération de Cergy-Pontoise cette année. Nous serons présents sur le forum des Associations à Cergy. Nous souhaitons également organiser quelques conférences sur le sujet avec un petit film et des photos à l’appui.

Enfin nous recherchons un jumelage entre une école primaire de l’Agglomération et l’école de Betsizaraina. Toute aide est la bienvenue…..

Nous comptons vraiment sur vous pour mener à bien ce beau projet porteur d’espoir et tourné vers l’avenir !

Visite des « Amis d’Ecovillage Madagascar » nov 2015 à Mada

VISITE DES SITES DU RÉSEAU ÉCOVILLAGE MADAGASCAR

La visite commence aussitôt.

Dès notre arrivée, Andry (créateur d’Ecovillage Madagascar) nous informe des rencontres et des formations qui auront lieu pendant notre séjour :

– formation en permaculture sur l’éco-site Antanana Maitso

– visite du site de production d’huiles essentielles à la ferme Nomena

– visite de l’éco-site Soamonona

– visite de l’écovillage de Talata

– visite du site expérimental de Ndao Hivoatra

– visite de la pépinière d’Ambohimanga

– formation en permaculture à Betsizaraina

– visite du futur éco-site de Soamahary

carte des sites
carte des sites visités
Maison d'accueil de l'écovillage à Talata Volonandry
Maison d’accueil de l’écovillage à Talata Volonandry

Ecovillage Madagascar que nous soutenons est d’abord un lieu de formation et de vulgarisation de la permaculture. Nous constatons qu’un réseau important est en train de se former parmi les personnes qui ont participé à ces formations.

Durant notre séjour, nous allons visiter les différents éco-sites initiés par les anciens stagiaires,

Nous allons y rencontrer des personnes motivées qui sont convaincues par la pratique de la permaculture et qui pensent qu’une autre façon de vivre et un autre rapport à la nature peuvent changer la situation à Madagascar. Certains de ces sites ont reçu une contribution financière de notre association Les Amis d’Ecovillage Madagascar grâce à votre contribution

 

 

I, FORMATION EN PERMACULTURE A ANTANANA MAITSO

ANTANANA MAITSO, qui veut dire le village verdoyant, est un site familial en zone péri-urbaine de Tananarive. Harilala, la maman a suivi une formation à l’écovillage de Talata et a souhaité pratiquer la permaculture sur son terrain. Ses deux enfants Herizo et Paula sont très motivés et ont pris les choses en mains. Sur un terrain de près de 800 m² ils ont construit un mandala géant pour cultiver des légumes. De très vieux eucalyptus vont être remplacés par des arbres fruitiers. Un étang pour la pisciculture est en projet,

Mandala
Mandala de buttes permaculture
Spirale d'herbes aromatiques
Spirale d’herbes aromatiques

Les Amis d’Ecovillage Madagascar ont contribué à hauteur de 300 € pour ce site afin d’améliorer la gestion de l’eau.

Cette semaine là, une dizaine de personne ont participé à la formation en permaculture organisée sur ce lieu par Andry. Les stagiaires ont pris part à la mise en place de buttes de permaculture et à la construction d’une spirale d’herbes. Ils ont préparé des semis qui seront mis en terre au début de la saison des pluies imminente. Ils ont également participé à la plantation d’arbres fruitiers.

Groupe de formation
Groupe de formation
Plantation des arbres
Plantation des arbres

 

II, FERME NOMENA (PRODUCTION ARTISANALE D’HUILE ESSENTIELLE)

La Ferme Nomena (Le Don) est à une vingtaine de kilomètres de Tananarive sur la route de Tamatave. Lorsque Lova hérite de la ferme et de plusieurs hectares tout autour, il décide de cultiver des essences endémiques bio pour la fabrication d’huiles essentielles, parmi lesquelles figurent le Ravintsara et le géranium Bourbon L’alambic est de sa fabrication.

Nous avons participé à la récolte, le tri des feuilles et la distillation d’huile essentielle de Ravintsara. Nous avons ramené plusieurs flacon de la fabrication de ce jour là. Il est évident que l’odeur et la puissance de cette huile dépassent de loin les huiles du commerce.

Ravintsara
Ravintsara
Géranium Bourbon
Géranium Bourbon
Lova et son alambic
Lova et son alambic
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Lova pratique également la culture du riz selon la méthode SRI (méthode découverte à Mada et qui permet un rendement élevé, voire plusieurs récoltes de riz par an). La ferme Nomena permet l’emploi de plusieurs familles aux alentours.

La technique

La méthode est souple et s’adapte à plusieurs environnements et milieux. Grosso modo il suffit :

  • de repiquer le riz plus jeune (dès 8 jours),
  • de le repiquer plus espacé,
  • de contrôler l’apport en eau (le riz n’est pas une plante aquatique) et
  • faire une rotation des cultures (par exemple, 3 mois haricots, 3 mois pommes de terre et 6 mois riz).

Outre l’accroissement du rendement,

  • le SRI limite drastiquement la consommation de semences;
  • limite la consommation d’eau et
  • limite les dégagements de gaz à effets de serre.

Il ne nécessite par ailleurs ni engrais chimique, ni OGM … bref: que du bonheur .

Le SRI est diffusé dans plus de 30 pays dans le monde. Le « couvercle » était posé sur cette méthode depuis 20 ans et commence à être levé depuis 3 ans, notamment en raison d’Internet.

Il s’agit de quelque chose d’énorme, qui peut jouer sur l’avenir à court et long terme de millions de gens.

Vue sur plantations et rizières
Vue sur plantations et rizières

 

III, VISITE DE L’ECO-SITE DE SOAMONONA

Jean-Jacques Rajaofera a également été formé à Ecovillage Madagascar et a aménagé une partie de son terrain en permaculture. Les buttes servent surtout aux cultures vivrières. Les récoltes sont déjà abondantes.

Les Amis d’Ecovillage Madagascar ont financé une pompe à eau ainsi que la mise en place du système d’irrigation pour un montant de 300 €.

Ce site, à une quinzaine de kilomètres de Tananarive, sert de lieu de formation et d’expérimentation de la permaculture.

VISITE DE L'ECO-SITE DE SOAMONONA
Buttes de permaculture
VISITE DE L'ECO-SITE DE SOAMONONA
Pompe

IV, RETOUR A L’ECOVILLAGE DE TALATA

Nous avons été heureux de retrouver l’Ecovillage de Talata. Tout est verdoyant malgré la fin de la saison sèche. Les arbres que nous avons plantés l’année dernière ont grandi. Certains plants atteignent déjà 1 mètre de hauteur.

visite d'Ecovillage Madagascar
Salle de Formation & Maison d’accueil
visite d'Ecovillage Madagascar
Jardin et arbres fruitiers

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visite d'Ecovillage Madagascar
Potager

Célestin et sa famille nous ont accueilli avec grand plaisir. Les enfants ont grandi.

Nous saluons leur ténacité et leur conviction car à ce jour les autres familles qui ont essayé de s’installer ne sont pas restées.

L’Ecovillage de Talata connaît un gros problème de voisinage qui dissuade les nouveaux arrivants. La situation est due à l’opacité du foncier à Mada. Des voisins installés de longue date, empiètent sur les terres de l’écovillage sans toutefois vouloir prendre part au projet et font pression sur les familles qui veulent s’installer. Cette situation est en cours de règlement.

visite d'Ecovillage Madagascar
Bassins pisciculture
visite d'Ecovillage Madagascar
Enfants au potager
visite d'Ecovillage Madagascar
Enfants au potager

A ce jour ce site de 6 hectares avec 3 habitations, une salle de formation et un lieu d’accueil pour les visiteurs reste sous occupé. Il sert toujours de lieu de formation et de vitrine pour la permaculture mais n’a pas encore atteint sa vocation d’écovillage.

Ce site est néanmoins à l’origine du réseau Ecovillage Madagascar et a permis de fédérer plusieurs personnes convaincues de la pertinence de la permaculture à Madagascar.

V. SITE EXPERIMENTALE « N’DAO HIVOATRA »

N’dao Hivoatra (Pour le Changement Ensemble) est un site de 12 km² situé à une vingtaine de kilomètres au nord ouest de Talata et à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Il couvre le bassin versant d’un fleuve important dans cette région et regroupe 3 gros villages.

Cet ambitieux projet découle de l’expérience de l’Ecovillage de Talata.

Andry et 3 ingénieurs agronomes acquis à la permaculture pilotent ce site à l’aide de fonds de extérieurs notamment de FTA (Farming Technology for Africa)

Il consiste à fédérer les villageois autour des concepts de la permaculture avec la construction de canaux d’irrigation pour retenir l’eau de pluie et la plantation d’arbres à essences multiples et endémiques le long de ces canaux. Pour information la culture de l’eucalyptus a été introduite par la colonisation et très pratiquée depuis au détriment d’arbres plus utiles. L’eucalyptus appauvrit et assèche les sols et n’est pas favorable à l’agro-forestrie. Certes, ayant une pousse rapide il sert de bois de combustible bon marché mais favorise également les feux de brousse et la désertification.

Visite du site expérimental de "N'DAO HIVOATRA"
Vue d’ensemble du site
Visite du site expérimental de "N'DAO HIVOATRA"
Village
Visite du site expérimental de "N'DAO HIVOATRA"
Canaux de rétention d’eau
Visite du site expérimental de "N'DAO HIVOATRA"
Buttes de permaculture
Visite du site expérimental de "N'DAO HIVOATRA"
Buttes de permaculture
Visite du site expérimental de "N'DAO HIVOATRA"
Buttes de permaculture

Le projet N’dao Hivoatra montre également l’utilité des cultures vivrières en buttes autour des habitations pour l’auto-suffisance et une diversification alimentaire des paysans.

C’est un travail de longue haleine dans cette région qui vit de la monoculture du riz et des oignons vendus sur les marchés de la capitale avec un appauvrissement de la population qui a oublié l’autosuffisance alimentaire.

C’est également une région dévastée par les feux de brousses et qui est train de se désertifier alors que la situation géographique et climatique est très favorable et pourrait en faire une zone fertile et riche.

VI. VISITE DE LA PEPINIERE A AMBOHIMANGA

 

Sur le chemin du retour, nous avons visité la pépinière qui sert à reboiser tous les sites du réseau Ecovillage Madagascar.

Il y a ici une grande variété d’arbres : espèces endémiques,  des légumineuses comme l’acacia ou le mimosa qui améliorerons la terre.

A ce stades, les arbres requirent beaucoup de soins

visite de la pépinière
Pépinière

VIII. FUTUR ECO-SITE DE SOAMAHARY

Judicaël est ingénieur agronome et travaille notamment sur le projet N’dao Hivoatra. (sa page Facebook)

Avec son épouse Hanitra, ils souhaitent une vie différente pour leur famille, plus près de la nature et avec des valeurs de partage. Tous les deux mettent en place l’éco-site SOAMAHARY (l’abondance qui nous nourrit) sur le terrain des parents de Hanitra qui sont également sensibilisés à la démarche. Plusieurs buttes sont déjà en place et ils veulent améliorer les bassins de pisciculture existants.

Judicaël souhaite ouvrir son site à des universitaires et d’autres personnes à priori très éloignés des concepts de la permaculture afin de leur montrer qu’autre chose est possible et peut contribuer à une vie meilleure et plus épanouissante.

Les Amis d’Ecovilage Madagascar contribue à hauteur de 350 € pour la mise en place d’une pompe à eau électrique et d’un système d’irrigation pour l’arrosage goutte-à-goutte durant la saison sèche.

Pour information la saison sèche dure de mai à fin octobre et elle tend à s’allonger à cause du réchauffement climatique. On ne peut concevoir une agriculture durable dans ce pays sans une gestion intelligente de l’eau.

L’éco-site SOAMAHARY est situé à proximité d’Ivato (l’aéroport principal de Mada).

visite chez Judicaël
Judicaël Hanitra et leur fille
visite chez Judicaël
Judicaël et sa fille

VOYAGE DANS LE NORD DE MADAGASCAR

Par intérêt personnel et afin mieux appréhender la situation globale à Madagascar, nous avons souhaité visiter le nord de l’Ile.

Nous avons donc fait par la route les quelques 1000 kilomètres qui séparent Diégo Suarez à l’extrème nord, de Tananarive.

La route s’est faite en 3 étapes assez éprouvantes. Nous sommes loin des autoroutes européennes.

Dans le nord nous avons constaté le ravage du tourisme sur la population.

 

Les petites îles paradisiaques comme Nosy Be attirent les étrangers de toutes sortes et avec eux le tourisme sexuel, l’argent facile et une mentalité d’opportunisme. Vous êtes accueilli à la mesure de l’argent que vous apportez.

Diégo Suarez, ancienne base militaire française vit dans la nostalgie d’une époque révolue au milieu des ruines des bâtiments coloniaux. Une partie de la population n’a apparemment toujours pas tourné la page et semble attendre le retour hypothétique d’un passé qui ne reviendra pas et qui les empêchent de voir les possibilités du futur.

Visite du nord de Madagascar
Flamboyant
Visite du nord de Madagascar
La plage

Heureusement qu’après la pointe nord, nous avons visités la forêt primaire de la réserve de la Montagne d’Ambre. C’est toujours un bonheur de respirer la forêt tropicale, d’écouter les bruits insolites de toutes parts, d’admirer la végétation dans sa splendeur.

Nous avons eu la chance rare de tomber sur 2 groupes de lémuriens en plein petit-déjeuner : des Coronatis et des Sylvis Sanford. Ils étaient au moins une vingtaine à jouer d’arbre en arbre. Le plus hardi est même venu s’asseoir un moment sur une branche au dessus de nous pour nous examiner de près.

visite de la forêt primaire
forêt primaire
visite de la forêt primaire
forêt primaire
visite de la forêt primaire
forêt primaire
visite des Lémuriens
Lémurien Coronatis

Plus au sud de la réserve, s’étend une région très fertile, le Sambirano. On y cultive le cacao, la vanille, le café, le poivre, l’ylang ylang….

Vanille
Vanille
Café
Café
Cacao
Cacao

C’est la région des grandes exploitations agricoles. Personnellement j’ai toujours une réflexion mitigée concernant ces exploitations. Certes elles offrent du travail à la population mais à quelles conditions ?…… Les plus gros bénéficiaires sont les propriétaires terriens et les exportateurs.

N’oublions pas que ces exploitations, souvent en monoculture, ont été créées à l’époque de la colonisation et ont installé la dépendance des pays du sud vis à vis du marché mondial.

De nos jours les matières premières agricoles ont un cours dérisoire à la merci des fluctuations de tous ordres. En plus d’avoir créer la dépendance, ces modes de cultures souvent intensives ont éradiqué le savoir-faire ancestral et détourné les paysans d’une agriculture de subsistance.

Les paysans sont devenus des ouvriers agricoles et doivent acheter la nourriture de leur famille avec leur petit salaire souvent insuffisant.

Tampoketsa

Entre la région du Sambirano et Tananarive s’étendent près de 400 kilomètres de collines couvertes de savane aride. C’est le Tampoketsa. Dans le creux des collines on peut encore apercevoir des îlots de verdure et un reste de forêt primaire. Il est difficile de croire que toutes ces collines ont été couvertes de forêt. Des centaines d’années de feux de brousse et d’érosion laissent un no man’s land désolant. Quelques courageux essaient de reboiser ici et là et d’autres brûlent par derrière.

Nous avons vu des arbres calcinés encore fumants et des parcelles en train de brûler.

visite du Tampoketsa
Tampoketsa

C’est une situation incompréhensible. Qui sont les auteurs de ces feux ? Personne ne le sait et personne ne le dira. Pourquoi continue-t-on à brûler malgré quelques tentatives d’interdiction venant des autorités ? Personne ne sait…

On avance la thèse de la culture sur brûlis mais cela ne touche d’une infime partie des terres. On ne cultive pas sur des milliers d’hectares. On dit que c’est pour faire paître les zébus. Certes on rencontre quelques troupeaux de zébus mais par rapport à la surface disponible ils sont peu nombreux. On raconte également que ce sont les mécontents de tous bords par vengeance, opposition politique, ou contre les propriétaires terriens…

 

Cela interroge et fait mal de voir ces terres sacrifiées et meurtries. Quel contraste avec la richesse de la biodiversité en forêt primaire. Comment faire pour sensibiliser les populations et surtout alerter les nouvelles générations ? En brûlant leur terre c’est à eux-même qu’ils font du tort. Il y a un gros problème d’information et de sensibilisation à faire à Madagascar. Il a beaucoup à faire……

C’est la raison pour laquelle nous soutenons un projet comme Ecovillage Madagascar même si cela semble dérisoire devant la tâche à accomplir. N’oublions pas le colibri et comment il peut être porteur d’espoir et de changement.

Les images qui resteront avec nous de ce voyage seront celles des belles rencontres faîtes dans le réseau d’Ecovillage Madagascar. C’est très encourageant de voir ces personnes qui croient en l’avenir et qui se donnent les moyens de changer les choses. « Ne doutons jamais que le changement viendra d’un petit nombre de personnes déterminées » disait Margaret Mead.

Les Amis d’Ecovillage Madagascar continuent à se mobiliser afin de soutenir ce beau projet et être aux côtés de ceux qui font avancer les choses dans ce pays où chaque changement est au prix de beaucoup d’efforts et de conviction.

Nous avons fait don d’une « grelinette » qui sera utilisée sur tous les sites.

Grelinette1

Grelinette2

Grelinette3

 

PS : Pour ce voyage, aucun frais n’est imputé à l’association.

Ecovillage Talata fin août 2015

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Gestion de l’eau durant la saisons sèche à l’écovillage.

Grace à la bonne gestion de l’eau, les cultures sont encore vertes.

Les arbres plantés l’année dernière résistent à la sécheresse et commencent à se développer.
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les petits poids au potager

Les légumes poussent bien

choux
Plate bande de choux

Les choux sont assez impressionnants.

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Choux et haricots-verts
– une partie des plates bandes
est mulché pour mieux conserver
l’humidité et protéger les concombres.
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couverture de protection (mulch)

La pépinière sous serre fonctionne bien avec les jeunes pousses de laitue …

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pépinière sous serre

Les petits pois sont plantés dans les rizières. Ils profitent de la décomposition des pieds de riz après la culture et rendrons à la terre toute l’énergie captée durant la saison sèche. La biomasse restante après la récolte sera enfuie avec le fumier de zébu pour préparer la terre à la prochaine récolte de riz.

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– 80% des surfaces sont couvertes de petits pois dont 70% sont déjà presque murs et à récolter dans les mois qui suivent. l’autre 30% sera sûrement récoltée avant la fin de l’année.

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Petits poids plantés dans les rizières

L’eau des piscines baisse mais elle reste à un niveau raisonnable.

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réserve d’eau
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Zozoro (papyrus)

Conclusion : On peut déjà observer l’évolution des cultures par rapport à l’an dernier et se réjouir de voir les effets de la permaculture. Les tranchées (swales) creusées en amont sur les pentes ont favorisé la rétention de l’eau et alimenté les sources. La protection de la terre par du mulch conserve l’humidité et permet de cultiver des légumes gourmands en eau tel que le comcombre. Les nombreux arbres plantés transformeront complètement le paysage dans quelques années.

 

L’écovillage en mars 2015

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C’est la fin de la saison des pluies

Tout a bien poussé ici

verdure
Paysage de verdure
rizicult
La rizière
riziculture
La rizière

L’unité 1

Mise en place il y a maintenant deux ans à peine, les récoltes permettent à la petite famille d’en vivre. La terre donnera son plein rendement l’année prochaine.

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Cochons d’inde
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Les haricots de Célestin
celine
Céline au potager
champs-celestin
Céline et ses enfants
citrus-champ-u1
Le citronier
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Culture des patates

L’unité 5

Les terrasses de cette unité ont été creusées en novembre 2014. Les cultures et plantations actuelles sont faites pour enrichir la terre. Il faudra attendre encore un peu les premières récoltes.

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Agro-foresterie : plantation des légumineuses (arachides)

 

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Agro-foresterie : plantation des légumineuses (arachides)

 

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Les arbres : frêne

 

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Arbres : liquidambar

 

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Les premières plantation de la parcelle

 

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Arbre : liquidambar avec des arachides

 

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Arbre : dodonea avec poinsettia

 

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La verdure de l’unité 5

 

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Arbre : polownia

 

sesbania
Arbre : sesbania

 

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Légumineuse : tefrozia

 

 

 

Formation à l’écovillage Madagascar

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Une formation échange

sur des techniques en permaculture et des bonnes pratiques pour améliorer durablement l’environnement et la vie des populations en milieu rural a été organisée avec Ecovillage Madagascar et Artelia du 29 au 30 Janvier 2015 au site d’Ecovillage à Talatavolonondry.

La Végétation a bien poussée depuis notre passage.

formation sur les plantes et les associations de culture
Les plantes et les associations de culture

 

Formation : Le compostage
Le compostage

 

formation : Les plantes de couverture (l’arachis)
Les plantes de couverture

Elles permettent de protéger le sol

Quelques sujets abordés

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Fomation Le lombricompost
Le lombricompost

 

formation : La spirale aromatique en permaculture
Les plantes aromatiques
formation: gestion de l'eau
Bassin de rétention d’eau

Le bassin de rétention d’eau creusé au mois de Novembre 2014 est situé dans les hauteurs du site d’Ecovillage. Il commence à retenir l’eau même après plusieurs jours de cessation de la pluie.

Formation : La serre et le germoir
La serre et le germoir

Ce petit abris permet de protéger les plantes fragiles du soleil et de la pluie. Les éléments peuvent être violants dans ce pays

formation : Les unités en permaculture
Les unités en permaculture

Le design et la définition des zones sont essentiels dans l’approche de la permaculture.